Les 3 et 4 novembre 2008 le Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire Brice Hortefeux organise à Vichy une conférence européenne des 27 ministres de l’Union en charge des questions d’immigration, autour du thème affiché de « l’intégration », après celle de Paris du 8 septembre « Bâtir une Europe de l’Asile ». Le choix de Vichy pour une telle réunion est bien plus qu’une initiative de « mauvais goût », pour reprendre l’expression d’un autre ministre, Laurent Wauquiez. C’est au minimum un choix clientéliste (Hortefeux est élu régional d’Auvergne, vice-président du groupe UMP). Mais c’est aussi une provocation cynique, assumée par un pouvoir décomplexé, qui ne recule devant rien , ni respect du droit des gens, ni principes d’humanité, pour mener à bien une politique d’immigration qui obéit aux mêmes réflexes xénophobes et utilise les mêmes méthodes que ceux du gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944 : la chasse à l’homme, avec quotas d’expulsions, rafles au faciès, interpellation des enfants de sans papiers à l’école, internement dans des « centres de rétention » dont le nombre et la capacité ont doublé entre 2003 et 2008. Ne rien faire, c’est être complice de cette politique !
Le mercredi 18 juin 2008 le Parlement européen votait le projet dit de « Directive de la Honte », déjà approuvé par les 27 Etats de l’Union. Elle vise à permettre la détention d’un étranger (y compris mineur !) avant son expulsion pour une durée pouvant aller jusqu’à 18 mois (32 jours dans la législation française actuelle), et à leur infliger des interdictions de séjour dans l’UE pouvant aller jusqu’à 5 ans. Est-ce là une décision inspirée par la volonté de favoriser l’intégration, comme le prétend la « langue de bois » officielle ? Que ce mot « d’intégration » n’abuse personne ! Loin de permettre aux migrants d’organiser leur vie dans le « pays d’accueil » dans de bonnes conditions, la politique française et européenne d’immigration ne vise qu’à entraver tout effort d’intégration. On fabrique des sans papiers avec des lois toujours plus restrictives, on fait la chasse aux étrangers, on les enferme, on les expulse en masse. Mais quand bien même leur accorde-t-on le droit, toujours à titre très précaire, de résider en France, on s’ingénie délibérément à leur rendre la vie impossible : autorisations de travail au compte-goutte, ce qui favorise leur surexploitation par des employeurs peu scrupuleux, refus d’accès aux prestations sociales ou au logement, etc… C’est un système organisé de xénophobie d’Etat, sciemment destiné à briser des vies.
Nous appelons les tourangelles et les tourangeaux à une manifestation le 3 novembre à 18h Place Jean Jaurès
1ers signataires : RESF37, LDH37, Chrétiens Migrants, SE-UNSA37, Union Syndicale Solidaires 37, FSU37, SNESUP-FSU Tours