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    Le délit de solidarité existe-t-il ?

     
    S’il y a des aidants/soutiens, c’est qu’il y a des sans papiers et s’il y a des sans papiers, c’est bien la loi qui les fabrique...

    "La solidarité est criminalisée"

    Propos recueillis par Marianne ENAULT leJDD.fr

    Des milliers de personnes ont défilé mercredi contre le "délit de solidarité". A l’appel d’un collectif d’associations, ils ont dénoncé la multiplication des gardes à vue de personnes qui viennent en aide aux sans-papiers. Du côté du ministère de l’Immigration, on estime que ce délit n’existe pas. LeJDD.fr a demandé son avis à Pierre Cordelier, membre du Réseau Education Sans Frontières (RESF).

    Le ’délit de solidarité’ en débat

    Eric Besson a assuré mercredi que "tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu’ils ne risquent rien"... Eric Besson ment. Les menaces, les pressions, les intimidations, les brutalités policières, les mises en garde à vue, les poursuites devant les tribunaux - pour outrage et rébellion, entrave à la circulation des aéronefs, aide au séjour irrégulier, violence avec arme par destination sur agent de la force publique - ne cessent d’augmenter à l’égard de celles et ceux qui expriment, par des manifestations toujours pacifiques, leur solidarité concrète envers les immigrés dits clandestins. La solidarité est criminalisée. Le délit de solidarité existe dans les faits. Eric Besson le sait, il ment sciemment. Son lapsus délinquant-migrant* est révélateur.

    Eric Besson s’inscrit-il dans la politique menée par Brice Hortefeux ?

    Le même Besson dénonçait en 2006, dans un rapport interne au Parti socialiste, "les effets dévastateurs de la politique menée depuis 2003 : arrestations massives dans certains quartiers, placements en rétention à répétition de personnes non reconductibles, y compris les enfants...". Aujourd’hui, il dit ne pas avoir rédigé ce rapport. Mais il l’a signé, donc il en assume la responsabilité. Débauché depuis par un expert en traîtrise, traître lui-même, et sommé par le premier de faire aussi bien, sinon mieux que son prédécesseur Hortefeux au ministère de l’immigration et de l’Identité nationale, il ne peut que se vautrer dans l’indignité du rôle qui lui est assigné... et ne nous rassure en rien.

    "Des gens vivent dans la peur"

    Nicolas Sarkozy a donné sa feuille de route à Eric Besson en matière d’immigration, qui prévoit notamment de limiter l’immigration de travail. Qu’en pensez-vous ? Depuis plus de trente ans, les conditions de vie et de séjour des étrangers sont de plus en plus difficiles. A chaque nouvelle loi - cinq depuis 2002 - à chaque nouveau texte, c’est le durcissement. Brice Hortefeux avait prévenu qu’il agirait dans son ministère "sans état d’âme", effectivement...

    Vous parlez de "politique du chiffre"...

    La liste est longue : honteuses rafles au faciès qui renvoient à des souvenirs non moins honteux, arrestations aux guichets des préfectures, centres de rétention remplis, appels à délation, enrôlement des agents des services publics (Inspection du travail, Assedic, Anpe, Sécurité sociale, travailleurs sociaux, Education nationale, La Poste...) dans le contrôle policier des étrangers, directive européenne - la circulaire de la honte - qui permet d’augmenter la durée de rétention à 18 mois, détention et éloignement des personnes vulnérables - femmes enceintes, personnes âgées, victimes de tortures - et des mineurs isolés, renvoi des étrangers dans un pays de transit...

    C’est l’un des ’slogans’ de RESF, "le chiffre tue"...

    Aujourd’hui, en France, des gens vivent dans la peur. Des enfants ont peur que leur peur ou leur mère ne rentre pas le soir à l’heure habituelle, après le travail. Certains se cachent. Des familles sont séparées, brisées. La peur et parfois... la mort. Quand on dit "le chiffre tue", ce n’est pas un slogan mais la réalité. Chulan Zhang Liu, 51 ans, se défenestre par peur de la police ; John Maïna, 19 ans, se pend après avoir reçu le refus ultime de sa demande d’asile ; Baba Traoré, 29 ans, se jette dans la Marne pour fuir un contrôle et meurt d’un arrêt cardiaque.

    Comment qualifierez-vous la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration ?

    Il faut donc qualifier cette politique, voulue par Sarkozy, mise en place par le gouvernement Fillon et menée hier salement par Hortefeux, aujourd’hui par Besson, lui aussi sans "état d’âme" : c’est de la xénophobie d’État. Une politique indigne qui, en stigmatisant l’étranger, incite au racisme et au communautarisme. La conception d’une telle politique, l’élaboration de tels plans, l’organisation et la décision de ces stratégies d’expulsion ont pour conséquences des actions moralement répugnantes et entraîne la responsabilité des dirigeants de ce pays... et aussi la nôtre, citoyens de ce pays puisque conduite en notre nom. Et nous ne l’acceptons pas.

    *Interrogé sur France Inter mercredi, Eric Besson parle des candidats à l’immigration comme des "délinquants" avant de se reprendre.


    Lettre aux associations Eric Besson
    Fichier PDF - 15.1 ko
     
    Publié le vendredi 10 avril 2009

     
     
     
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